Les vêtements au 13ème siècle

Le costume du 13ème siècle

D'après Kantir, capitaine de l'Ost impérial

1ère partie

I - Préambule

Ce document a pour but d'aider les amateurs de Moyen Age qui souhaitent se confectionner un costume proche de ce qui se faisait à la fin du 13ème siècle. Sans prétention d'exhaustivité ou de rigueur historique, ce document s'appuie fortement sur les documents cités en annexe que vous pouvez acheter pour une étude complète. Cette première partie décrit les sous-vêtements et le costume civil, bases de tous les types de costume.
Pourquoi le 13ème siècle ? D'abord parce que c'est la période que je connais le mieux, ensuite parce que, à la différence des périodes postérieures, il existe peu d'études sur le 13ème siècle, enfin parce que cette période correspond selon moi à l'age d'or du Moyen Age.
Vos remarques et suggestions sont les bienvenues, du moment qu'elles sont constructives, vous pouvez m'écrire à bigchicken@libertysurf.fr

II - Les étoffes

Connue depuis des siècles déjà, la laine est très présente dans les vêtements du Moyen Age. Les meilleures lainage viennent du Nord et on les reconnaît à la qualité du tissage et à leur teinture. Certains lainages très légers sont importés d'Italie et le camelin, fin tissage de poils de chameau arrive directement d'Orient. Fine ou grossière, la laine est utilisée par tous et le tissage est une véritable industrie.
La soie quant à elle est connue en Europe depuis le 12ème siècle. Popularisée par les croisades, elle est massivement importée d'Orient ; on retrouve ainsi le samit, l'osterin teint en rouge, le cendal proche du taffetas actuel, la paile, le siglaton… A partir du 13ème siècle, les villes italiennes se mettent à imiter la soie orientale et même la France possède ses propres manufactures.
Parallèlement à l'importation de soie se développe le commerce des fourrures en provenance d'Asie : ours, zibeline, marte teintes en rouge ou mélangées entre elles sont particulièrement appréciées par la noblesse. Les fourrures servent quasi exclusivement de bordures et de doublures aux vêtements du dessus. Quant aux personnes moins fortunées, elles se contentent de peaux de lièvre, de renard de chien ou d'écureuil.
Quant au lin, il est connu depuis l'Antiquité et se retrouve sous la forme d'étoffes plus ou moins fines, en général blanches. Le coutil est une grosse toile qui sert à la confection des vêtements du dessus, le cainsil beaucoup plus fin sert pour les sous-vêtements.
Enfin le coton commence à être importé d'Egypte ou d'Inde avant d'être cultivé en Italie à partir du 12ème siècle.
Parlons maintenant de couleurs. Le Moyen Age aime les couleurs vives : rouge, bleu, vert, jaune, pour les nobles. Les communs, les vilains et les manants ne peuvent s'offrir que des nuances de brun... Certains marchands tentent d'échapper à leur condition de roturier en se parant de couleurs. Le perfectionnement des techniques de tissage permet même de confectionner des étoffes rayées ou échiquetées. Le noir et le blanc ne sont utilisés que dans des occasions particulières ou par des catégories sociales bien précises (certains moines par exemple).
La meilleure solution pour s'approvisionner en tissus reste les grandes surfaces du type Toto ou Mondial tissus, mais vous pouvez aussi récupérer les draps de lit en lin de vos grands-mères ou en acheter sur le marché aux puces.

III - Les sous-vêtements

A - La chainse

Portée à la fois par les hommes et les femmes quelle que soit leur catégorie sociale, la chainse est une chemise revêtue à même le corps. Il s'agit d'une longue tunique, le plus souvent en lin, parfois en coton ou même en drap de laine ou en chanvre chez les moins aisés, dont les manches sont serrées au poignet et qui peut descendre jusqu'aux genoux pour les hommes, à mi-mollets pour les femmes. La plupart des chainses sont dotées d'un amigaut, fente sur le devant de l'encolure qui facilite l'enfilage du vêtement. On trouve parfois des fronces ou même une ganse au niveau des manches et du col.

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Une chainse du 13ème siècle représentée par Viollet-Le-Duc dans " L'encyclopédie Médiévale ", l'amigaut est fermé par un bouton et les manches et l'encolure ont des fronces.

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Un autre modèle, beaucoup plus simple, présenté par Histoire Médiévale. L'amigaut est fermé par un lacet.

B - Les braies

Portées par les hommes, les braies sont l'équivalent médiéval du caleçon long. Elles sont taillées dans le même tissu que la chainse. Les braies sont serrées à la taille par une ceinture fine, éventuellement en tissu : le braïel. Au 13ème siècle, elles ne possèdent pas de fente sur l'avant (style braguette) mais peuvent être fendues sur le côté de façon à pouvoir être remontées plus facilement. Les braies de la noblesse sont plutôt collantes alors que celle du peuple sont plus amples, dans les deux cas elles descendent jusqu'aux mollets ou aux chevilles.
Braies (revue Moyen Age).jpg
Braies (revue Moyen Age).jpg

Divers types de braies du 13ème siècle présentés par la revue Moyen Age.
On pourra utiliser comme patron un survêtement pas trop ample (du genre des superbes survêtements bleus fournis par l'armée aux bidasses) ou un pantalon de judo ou de karaté.

C - Les chausses

Par dessus les braies des hommes ou les jambes nues des femmes, on porte des chausses, précurseurs de nos chaussettes. Les chausses sont en laine, en lin ou en soie pour les plus riches. Elles peuvent être de couleur unie ou rayées. Les chausses montent très haut, jusqu'aux genoux ou même à mi-cuisse, elles sont maintenues par des jarretières ou attachées au braïel.
Patron de chausses extrait de la revue Histoire Médiévale et valable pour les hommes comme pour les femmes.
Chausses, patron (revue Histoire Medievale).jpg
Chausses, patron (revue Histoire Medievale).jpg

A= hauteur du genou (ou la cuisse) au talon
B= Tour de cuisse
C= longueur du pied dans sa plus grande mesure

IV - Les vêtements civils

Vêtement de noble, de bourgeois ou de l'homme de la rue, vêtement d'homme ou de femme, vêtement de fête ou du quotidien, c'est surtout la qualité du tissu et de la découpe qui fait la différence au 13ème siècle. La forme générale et la liste des effets usuels se retrouvent quant à eux chez pratiquement tout le monde.

A - La cotte ou robe du dessous

Au 13ème siècle, la cotte remplace le bliaud. Elle s'enfile directement sur la chainse. La cotte est généralement fabriquée dans des lainages colorés en vert, bleu ou rouge. Il s'agit d'une robe collant au torse et s'évasant à partir des hanches. La cotte masculine s'arrête aux chevilles ou à mi-mollets, la cotte féminine est encore plus longue et va jusqu'à traîner à terre. Les manches sont longues et très ajustées aux poignets. La cotte est souvent pourvue d'un amigaut qui permet de l'enfiler plus facilement.
Cotte, patron (revue Histoire Medievale).jpg
Cotte, patron (revue Histoire Medievale).jpg

Patron tiré de la revue Histoire médiévale. Ce patron peut également servir pour la chainse (en réduisant la longueur) et le surcot.
A= largeur d'épaules
B= longueur du bras
C= emmanchure
F= ouverture de manche X2
G= tour de poitrine /2
H= tour de cou /2
I= ampleur du vêtement X2
J= hauteur du vêtement
K= longueur de l'amigaut
Pour A, B et H, il vaut mieux rajouter deux ou trois centimètres pour que le vêtement soit suffisamment ample pour permettre le mouvement.
Prévoir l'ampleur I du vêtement assez importante pour que le vêtement n'entrave pas la marche (minimum 80 cm).
L'emmanchure ne doit pas être trop grande pour éviter des plis désagréables ni trop petite pour rester confortable (autour de 25 cm)

B - Le surcot ou robe du dessus

Cette robe est portée par dessus la cotte dont il suit la forme. Les femmes portent de longs surcots dont elle tiennent la traîne à la main. Le surcot peut également être pourvu d'un amigaut, par contre il ne possède pas forcément de manches et à la fin du 13ème siècle, les emmanchures des surcots s'agrandissent même par le dessous des bras jusqu'aux hanches, ces profondes emmanchures peuvent être bordées de fourrure. Les surcots féminins peuvent également être fendus sur les côtés de l'aisselle jusqu'en bas, cette fente étant éventuellement fermée par un lacet ou des boutons. Enfin certains surcots féminins comportent des manches fendues dans le sens de la longueur du poignet jusqu'au coude et qu'on laisse pendre.
Quant aux surcots et aux cottes des hommes, ils sont souvent fendus par le bas, devant et derrière, de manière à pouvoir monter à cheval.
Le surcot étant le vêtement le plus visible, il est confectionné dans les tissus les plus précieux à disposition du porteur, camelin, cendal, samit ou tiretaine. Le port d'un surcot décoré de galons est le signe d'une grande richesse.

C - Le mantel

Le mantel est en fait une cape ample et longue, qui va même jusqu'à traîner au sol. Sa forme la plus simple est un demi disque, éventuellement doté d'une échancrure au centre pour l'encolure. On le pose sur les épaules et on le maintient par une cordelette retenue sur la poitrine par la main. Cela n'est guère pratique mais l'accent est mis sur l'esthétique plus que sur la fonctionnalité.
Comme le surcot, le manteau permet d'étaler sa richesse : doublure de fourrure, broderies de fil d'or et étoffes importées d'Orient. La encore les couleurs sont vives : bleu, rouge, vert…
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A = hauteur du manteau.

D - Les accessoires

1 - Les chaussures
Difficile de reproduire soi même les chaussures de la période médiévale, cela nécessite un équipement spécifique, une source de cuir et une sacrée technique. Les numéros 1 et 2 de la revue Histoire médiévale décrivent la technique de fabrication ainsi que l'évolution des modèles. Le plus facile reste cependant d'acheter ses chaussures auprès d'un spécialiste (cf. annexes pour des adresses d'artisans) pour un prix tournant autour de 500 francs. Ceux qui ne souhaitent pas investir peuvent toujours se rabattre sur une paire de chaussures de marche qui fera toujours moins laid que des baskets.
Chaussures (modeles de M. Ferey).jpg
Chaussures (modeles de M. Ferey).jpg

Divers modèles de chaussures médiévales proposés par le catalogue de M. et Mme Ferey, cordonniers et tanneurs.
2 - La ceinture
Les ceintures du 13ème siècle sont très longues, avec ou sans boucle. Les hommes laissent pendre largement les extrémités de leur ceinture, les femmes font un premier tour serré à la taille puis un deuxième tour plus lâche autour des hanches, la ceinture est nouée sur le bas ventre et les extrémités pendent largement (cf. photo). La ceinture est faite de cuir (tressé ou non), éventuellement de soie ou même de laine, certaines sont même garnies de plaques de métal précieux. Comme pour les chaussures, il est préférable de mettre 150 francs dans une bel article fabriqué par un artisan, à défaut, on peut tresser de la cordelette pour fabriquer une ceinture de fortune.

Ceinture d'homme noble de la 1ere moitié du 13eme siecle, Encyclopedie Medievale, Viollet-Le-Duc.jpg Port feminin de la ceinture, 13eme, Encyclopedie Medievale, Viollet-Le-Duc.jpg
Ceinture d'homme noble de la 1ere moitié du 13eme siecle, Encyclopedie Medievale, Viollet-Le-Duc
Port feminin de la ceinture, 13eme, Encyclopedie Medievale, Viollet-Le-Duc

3 - La coiffure
Commençons par aborder la façon traiter sa chevelure. Chez les hommes, la mode de la fin du 13ème siècle est de porter les cheveux mi-longs et ondulés. On laisse une courte frange en rouleau appelée dorelot sur le front, de la même façon , les cheveux retombent en rouleau sur la nuque. Le port de la barbe a passé de mode, les hommes se rasent désormais entièrement le visage. Les femmes quant à elles tressent leurs cheveux qui sont beaucoup moins longs qu'au 12ème siècle. Ces tresses sont elles mêmes remontées sur la nuque, relevées en chignon ou enroulées au dessus des oreilles.
Coiffure d'homme au 13eme d'apres Costumes, Modes et manieres d'etre, de Delphine Pinasa.jpg
Coiffure d'homme au 13eme d'apres Costumes, Modes et manieres d'etre, de Delphine Pinasa.jpg

Coiffure ramenee sur les oreilles d'apres L'Encyclopedie Medievale De Viollet-Le-Duc.jpg
Coiffure ramenee sur les oreilles d'apres L'Encyclopedie Medievale De Viollet-Le-Duc.jpg

Au 13ème siècle, il est usuel sinon systématique de se couvrir la tête. Il existe une grande variété de coiffures, aussi n'en aborderai-je que quelques unes.
Le cercle de tête
porté par les hommes comme par les femmes, cette coiffure simple est courante au 13ème siècle. Il peut être en tissu, en fleurs tressées, en métal, ou même pour les plus riches composé de plaques de métal ouvragé.
L'aumusse
sorte de mini cape couvrant les épaules associée à un capuchon, l'aumusse sert à se protéger des intempéries et est souvent portée par dessus une autre coiffure. Rond à l'origine, le capuchon devient pointu à la fin du 13ème siècle, il s'allongera sans mesure au cours du 14ème siècle. La partie couvrant les épaules est quant à elle ouverte sur le devant, un laçage, un boutonnage ou une fibule (voir plus loin) permet de la fermer. L'hiver, on porte une aumusse doublée de fourrure pour se protéger du froid. L'aumusse est portée aussi bien par les hommes que par les femmes.

Aumusse (d'apres Histoire Medievale).jpg
Aumusse (d'apres Histoire Medievale).jpg

Homme portant un chaperon, qui est une aumusse sans ouverture sur le devant de la poitrine. D'après la revue Histoire Médiévale.
La cale et la coiffe
Portées par les hommes, ces deux coiffures sont très proches. La cale, généralement fabriquée en lin et de couleur blanche, enveloppe le crane et laisse le visage libre, elle se termine au niveau des oreilles par un cordon qui permet de l'attacher sous le menton. La coiffe est une cale sans bride. On trouve également des cales en laine ou en toile. La cale est souvent associée à d'autres types de coiffure.

Cale (d'apres Histoire Medeivale).jpg
Cale (d'apres Histoire Medeivale).jpg

Hommes du 13ème portant la cale sur une chevelure mi-longue et ondulée
Sur la photo de droite, la cale est associée à une aumusse.
D'après la revue Histoire Médiévale.

La calotte
de cuir, de lin, de coton ou de laine, la calotte est une sorte de bonnet demi-sphérique, en pointe ou même à plusieurs pointes porté par les hommes tout au long des 12ème et 13ème siècles.

Calotte (d'apres Histoire Medievale).jpg
Calotte (d'apres Histoire Medievale).jpg

Hommes portant la calotte sphérique, conique et avec une pointe ramenée vers l'avant. D'après la revue Histoire Médiévale.

Le voile
Coiffure féminine, le voile se porte directement sur la chevelure ou en association avec un autre type de coiffure. Il est en général blanc, fabriqué dans un tissu très léger. Au 13ème siècle le voile ne dépasse pas le milieu du dos et se termine en arrondi.

Le couvre-chef
Apparu au 13ème siècle le couvre-chef est une bande de tissu d'une dizaine de centimètres que les femmes utilisent pour dompter une chevelure abondante, elles le font passer sous le menton, sur les oreilles et le nouent sur le sommet du crane. Le couvre-chef est en général blanc, confectionné dans des tissus légers. On, le porte toujours en combinaison avec une autre coiffure.

Le touret et le mortier
Coiffures féminines également, le touret et le mortier sont tous deux des toques. Le mortier a un fond alors que le touret n'en a pas. Leurs bords ne dépassent pas 10 centimètres de haut, ils peuvent être droits ou évasés. On les porte associés à une crépine, un couvre-chef ou un voile.

Mortier de Couvre-chef (d'apres Histoire Medievale).jpg
Mortier de Couvre-chef (d'apres Histoire Medievale).jpg

Femme du milieu du 13ème siècle portant un mortier par dessus un couvre-chef. Le tout est associé à un cercle de tête en métal ouvragé. D'après la revue Histoire Médiévale.
Femme portant successivement un touret posé sur un couvre-chef, un touret sous un voile maintenu par des épingles, un couvre-chef seul. On notera également la coiffure en tresses remontées sur la nuque pour être fixées sur le dessus du crane. D'après la revue Histoire Médiévale.

La touaille et la guimpe
La touaille est une pièce de toile fine qui s'attache à la chevelure ou au couvre-chef et enserre le cou. Le plus souvent la touaille fait partie de la guimpe qui est la coiffure des veuves et des femmes âgées. La guimpe associe la touaille et le couvre-chef pour masquer complètement la chevelure et le cou, ne laissant que le visage découvert, un voile, éventuellement maintenu par un cercle de tête recouvre le tout.

Guimpe (d'apres Histoire Medievale).jpg
Guimpe (d'apres Histoire Medievale).jpg

Femmes portant une guimpe d'après la revue Histoire Médiévale et " L'encyclopédie Médiévale " de Viollet-Le-Duc.

Bien d'autres coiffures et associations de coiffures existent. Je ne peux que vous inviter à vous instruire sur le sujet en lisant les ouvrages sur le sujet mais aussi (et cela est valable pour tout ce qui concerne le costume) en regardant avec un œil curieux les nombreux personnages représentés sur les cathédrales, les enluminures et les autres témoignages laissés par les artistes et artisans du passé.
4 - Les accessoires divers
Un costume peut être très beau, il ne sera rien sans les quelques détails qui lui donneront un âme. Ces détails sont constitués par divers accessoires usuels dont voici une liste non exhaustive.
La fibule
Il s'agit d'une sorte de broche qui permet de maintenir deux pièces de vêtement entre elles : pans d'une cape, d'une aumusse… La fabrication de la fibule revient au forgeron qui peut la façonner à partir de n'importe quel métal, le plus souvent du fer, parfois du cuivre ou même de l'or (c'est alors plus un travail d'orfèvre). Une fibule en fer revient à 50 francs environ mais vous pouvez en réaliser une assez facilement si vous disposez du matériel de forge.

Fibule forgee.jpg
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Fibule forgée par mes soins lors d'un stage de forge de deux semaines.

Le couteau
Au Moyen Age tout le monde porte un couteau, non pour se battre, mais plutôt comme accessoire à tout faire, ancêtre de notre Opinel. On peut également remarquer que lors des banquets chacun apporte son propre couteau. Associé à un joli fourreau de cuir accroché à la ceinture, un couteau est à la fois pratique et décoratif.

Couteau.jpg
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Couteau réalisé par Eric Grimmaldi, forgeron taillandier qui forge à l'ancienne et livre ses œuvres avec leur fourreau de cuir pour un prix modique (autour de 250 francs pour ce modèle). Le manche dans lequel la soie de la lame est entrée à chaud est fait de buis. Malheureusement, le scanner a eu du mal à capturer le poli miroir de la lame.

Le briquet
En acier très riche en carbone, le briquet est frotté sur un silex pour créer des étincelles qui vont enflammer de l'étoupe de lin. Ca n'est pas facile du tout, mais quel plaisir d'allumer son feu de la sorte. De plus, le briquet est très décoratif et ne manque pas de susciter les questions des néophytes. Il en existe de différentes tailles selon qu'il s'agit d'un briquet destiné à rester dans une cuisine ou à être emmené en voyage. On trouve cet article chez le forgeron pour 100 à 150 francs, mais comme la fibule, il est plus amusant de le fabriquer soi même (à partir d'un fer de lime qui est très riche en carbone).

Briquet forge.jpg
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Briquet forgé par mes soins lors du même stage. La partie supérieure est frottée sur le silex, les deux grands branches sont tenus dans la paume de la main.

La bourse ou aumônière
Une jolie bourse de cuir ou de tissu est très facile à faire et vous permettra de cacher vos clés, briquet(moderne) ou pourquoi pas de vraies pièces médiévales. Pour fabriquer la bourse, il suffit de prendre un grand disque de tissu, de percer des trous à intervalle régulier à 1,5 centimètre du bord et de passer un lien de cuir dans les trous. Serrez le lien, le tour est joué. Viollet-Le-Duc décrit dans " L'encyclopédie Médiévale " un autre type de bourse, en forme de petite gibecière attachée à la ceinture en rabattant la partie supérieure (cf. dessin). Les aumônières (synonyme de bourse) du Moyen Age pouvaient être très luxueuse, aussi précieuses que leur contenu, brodées d'or, garnies de perles, ou simplement en tissu.

Bourse, d'apres L'Encyclopedie Medievale de Viollet le Duc.jpg
Bourse, d'apres L'Encyclopedie Medievale de Viollet le Duc.jpg

Aumônière pendue à la ceinture et bourse maintenue à la ceinture par le rabat., d'après " L'Encyclopédie Médiévale " de Viollet-Le-Duc

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Deniers du 13ème siècle. Ces pièces sont réalisées en alliage d'argent, les pièces d'or n'étant plus frappées en Europe depuis les Carolingiens et jusqu'à la moitié du 13ème siècle. Le denier représente alors l'unité de base du système monétaire.
Les pièces sont représentées en vraie grandeur, on peut obtenir de telles pièces facilement à n'importe quelle bourse numismatique, à partir de 100 francs la pièce de qualité moyenne.

On peut imaginer bien d'autres accessoires encore : cuillère, bijoux (bien que leur utilisation soit plus restreinte en France au 13ème siècle que durant les siècles précédents et suivants), coffrets…

V - Annexe 1 : bibliographie

Pour réaliser ce document, je me suis très largement appuyé sur plusieurs documents. Pour aller plus loin, il est intéressant de se reporter à ces documents qui vont beaucoup plus loin que ces quelques pages.

" Costumes, Modes et manières d'être " de Delphine Pinasa, éditions Rempart. Ce livre d'une centaine de pages donne un aperçu de l'histoire du costume depuis l'Antiquité jusqu'au 14ème siècle, en détaillant à chaque fois les costumes civils, religieux et guerriers.
" L'encyclopédie Médiévale " d'Eugène Viollet-Le-Duc, nombreuses éditions. Bien que la vision du Moyen Age ait énormément changé depuis l'écriture de cette " bible " de l'architecture, du mobilier et du vêtement médiéval et que l'œuvre de Viollet-Le-Duc soit controversée, cet ouvrage donne une foule d'informations, qu'il est prudent de recouper avec d'autres sources.
La revue Histoire Médiévale, mensuelle, disponible chez le marchand de journaux ou par abonnement à : Histoire Médiévale, BP90, 84405 Apt Cedex. Email : HistoireMedievale@theOffice.net. Revue de vulgarisation sur le Moyen Age, facile d'accès, proche du monde de la reconstitution, proposant parfois des patrons, toujours des adresses d'associations ou d'artisans.
La revue Moyen Age, bimensuelle, disponible chez le marchand de journaux ou par abonnement à :Editions Heimdal, Château de Damigny, BP320. 14403 Bayeux Cedex. Email : Editions.Heimdal@wanadoo.fr. Revue plus difficile d'accès que la précédente mais tout aussi intéressante. Pas de patrons mais des articles fouillés, très précis, abondamment illustrés.

VI - Annexe 2 : adresses

Pour ceux qui souhaitent acheter certains accessoires, voici les adresses d'artisans dont j'ai pu vérifier le sérieux.
Eric Grimaldi, Forgeron Taillandier, Le pont des Alains, 33820 Braux St Louis. Spécialiste du couteau, Eric réalise également toutes sortes d'objets du Moyen Age, depuis les épées jusqu'aux outils de taille de pierre. Envoyez lui un dessin ou une description de l'objet, il vous dira si c'est faisable. Et bien sur, Eric travaille selon les méthodes traditionnelles : marteau et enclume.
Jean Michel et Tatiana Ferey, cordonniers tanneurs, La couture de Bas, 50680 Moon-Sur-Elle. M. et Mme Ferey proposent un catalogue de chaussures médiévales mais peuvent également réaliser divers accessoires (aumônières, ceintures…) selon vos souhaits.


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