Byzance / Constantinople
par Philippe KUNZI et par Frédéric Bénédetti (avril 1998)
VII° av JC Byzance colonie grecque est construite
vers -200 Byzance tombe sous l'emprise romaine (de même que l'empire grec macédonien)
+324 à +336 construction de Constantinople sur le site de Byzance par le l'empereur romain Constantin I° le Grand pour mieux surveiller les Perses et la frontière du Danube
+395 Partage de l'empire romain l'empire romain d'Orient est indépendant c'est l'empire Byzantin
Byzance est le résultat du mélange de la structure romaine de l'Etat, de la culture grecque et de la foi chrétienne. Christianisation de l'Imperium Romanum et fondation d'une nouvelle capitale en Orient sont les éléments qui on fait naître l'Empire byzantin, qui est un conglomérat ethniquement disparate mais qui fut toujours composé, selon eux, de Romains, et gouverné par des empereurs descendants des Césars de la vieille Rome. Toutes les terres de l'Orbis romanum forment l'Oecuméné chrétienne sur laquelle culmine le souverain de Byzance. Cet empire possède un héritage romain mais avec une grécisation ainsi qu'une influence croissante de l'Eglise. Il faut aussi noter une évolution du monde économique et social ainsi qu'une nouvelle administration qui font que l'on n'a plus affaire à la Rome antique, cependant la haute époque byzantine est tout de même la continuation de l'évolution de Rome.
IIIe siècle après JC Le point de départ est la crise du IIIe siècle : ruine économique, dépopulation, asservissement général, problèmes auxquels l'Orient a mieux résisté. Dioclétien procéda alors à une réforme de l'empire, qui sera affinée par Constantin le Grand. Toute l'administration tombe dans les mains de l'Empereur qui passe d'une magistrature suprême à un pouvoir despotique qui repose sur la volonté de Dieu. Il s'ensuit alors une baisse de la souveraineté du peuple ; le sénat et l'armée se trouvent également limités et l'Eglise prend une place plus grande. L'empire devient un organisme étatico-religieux sur lequel domine l'Empereur. Mais la puissance impériale subira des tensions avec le pouvoir de l'Eglise. L'Empereur est le commandant en chef de l'armée, le juge suprême et l'unique législateur, mais également le défenseur de l'Eglise et de la foi orthodoxe. Il devient l'objet d'un culte politico-religieux de la part de la maison impériale mais aussi de la part de ses sujets qui sont pour lui des serviteurs.
Les deux pôles opposés de l'antiquité, hellénisme et romanité fusionnent à Byzance et s'unifient avec le christianisme sans pour autant renier l'art et la sagesse du paganisme. Byzance deviendra le centre de la civilisation le plus important du monde méditerranéen, une machine administrative unique avec une structure économique et financière très développée et de plus une richesse en or. Mais la vénalité deviendra proverbiale et la masse populaire tombera dans la misère.
La réforme de Dioclétien est une réorganisation fondamentale de l'administration impériale, qui sera poursuivie par Constantin le Grand. Ces principes dureront autant que l'Etat byzantin. On procéda alors à une réaffirmation du pouvoir de l'Empereur, une séparation de l'administration civile et militaire, de l'administration centrale et provinciale. Or le tout se retrouvait en la personne du souverain. Dioclétien instaura un partage de l'étendue de l'Empire et de la souveraineté. Ce fut un collège quadripartite qui régnait : deux Augustes et deux Césars. Constantin le Grand, à sa mort, partagera l'Empire entre ses fils mais le système du partage sera maintenu. Dioclétien supprima également les faveurs dont jouissait l'Italie qui fut ainsi que d'autres grandes provinces partagées en morceaux.
On compta 100 provinces (120 au Ve siècle), et 12 diocèses (14 au IVe siècle). Constantin subdivisera son empire en préfectures, diocèses et provinces, en mettant à la tête d'une préfecture un préfet du prétoire (ou deux qui exerçaient la fonction collégialement). Les préfets du prétoire de l'Orient et de l'Italie avaient les deux plus hautes fonctions de l'Empire. Au niveau province, on sépara alors le pouvoir civil et militaire : administration civile de la province incombait à un gouverneur de province tandis que l'administration militaire incombait à un dux (il y en avait un pour une ou plusieurs provinces). Même la fonction de préfet du prétoire perdit son caractère militaire. Rome et Constantinople n'étaient pas soumis à des préfets du prétoire mais à des préfets urbains. Celui de Constantinople administrait la justice, l'approvisionnement de la capitale, sa vie économique ainsi que les commerces et industries. Le fonctionnaire le plus important de l'administration centrale était le magister officiorum qui contrôlait l'ensemble des officia et l'administration impériale tout entière. Il s'occupait également de la sécurité de l'Empereur et de recevoir les ambassades étrangères et plus tard aussi des Postes de l'Empire. Venait après lui, le quaestor sacri palatii responsable de la justice et de la rédaction des lois. Il contresignait les ordonnances impériales. Quant à l'administration des finances, elle était composée de deux préposés au fiscus et aux res privatae mais l'impôt principal, l'annona était du ressort de la préfecture du prétoire. L'administration de la maison de l'Empereur et le soin de son vestiaire impérial incombait au prepositus sacri cubiculi qui était un dignitaire élevé et presque toujours un eunuque.
Le Sénat de Constantinople devint uniquement un corps consultatif, il n'avait pas la puissance du sénat de l'époque romaine, il garda tout de même dans un premier temps sa valeur constitutive et législative. Les lois étaient principalement faites par l'Empereur. Le sénat pouvait siéger en qualité de cour suprême et avait le droit de choisir le nouvel Empereur lors d'un changement de règne, c'est-à-dire si personne n'avait été désigné pour la succession. Les sénateurs étaient principalement des descendants des familles sénatoriales de Rome (beaucoup étaient venus à Constantinople) et de fonctionnaires impériaux des trois classes supérieures, les illustres, spectabiles et clarissimi. Ces titres furent dévalué au milieu du VIe siècle et on créa les gloriosi et l'on remania toutes les classes. Le Sacrum consistorum, un conseil plus restreint que le sénat, assistait aussi l'Empereur. Ses membres étaient également des hauts fonctionnaires mais pas de préfets du prétoire.
L'Etat renforça donc son autorité et la population, les colons, tombèrent dans la situation lamentable de la servitude. La dépréciation de la monnaie rendit les impôts insignifiants. On préleva alors des prestations en nature. Le propriétaires terriens furent imposés et si une parcelle de terrain n'avait pas de propriétaire, on lui en trouvait un pour l'imposer. Les commerces et industries furent également soumis à un impôt lourd et payable en or. L'économie métallique finira par reprendre le dessus en Orient tandis qu'en Occident, l'économie en nature prendra la place et sera l'économie dominante. Constantin créa un nouveau et solide système monétaire à base du solidus d'or qui résistera jusqu'au XIe siècle.
L'armée fut également remaniée : on créa l'exercitus comitalensis en tant que réserve lors d'agressions extérieures et pour contrer les soulèvements internes. Ce corps servait à aider les limitanei qui s'occupaient de garder les frontières. Le commandement de l'armée fut remis aux magistri militum réparti en magister peditum et magister equitum. Mais ils furent bientôt remplacés par deux magistri peditum et equitum praesentales (un en Orient l'autre en Occident) accompagnés des magistri militum per Orientem, per Thracias et per Illyricum. On augmenta l'importance de la cavalerie pour pouvoir s'opposer au royaume néo-perse des Sassanides. Il faut aussi remarquer une barbaristion croissante de l'armée romano-byzantine. Ces barbares étaient principalement des Germains, ainsi que beaucoup d'Illyriens.
Le centre de gravité de l'Empire se déplaça donc vers l'est car il y régnait une plus grande vitalité économique et la population y était plus importante. Mais ce fut aussi par nécessité militaire, face à la menace sur le bas Danube et en Asie antérieure. Constantin donna un centre solide en Orient en développant la vieille colonie grecque de Byzantion en l'élevant au rang de capitale de l'Empire. Ville bien placée entre deux continents, elle devint le centre politique, économique et militaire mais aussi spirituel et ecclésiastique de l'Empire byzantin. Cette ville calquée sur Rome avec un air chrétien eut bientôt presque un demi-million d'habitants (aux VIe siècle) et fut embellie de palais et de monuments somptueux.
Il est impossible de savoir exactement quelle attitude avait Constantin envers le christianisme, l'ayant protégé et ayant favorisé sa croissance, sans pour autant avoir renoncé aux traditions païennes. Mais sa politique religieuse allait confirmer un monopole de force du christianisme dans l'Empire.
+325 La manifestation la plus importante de la christianisation de l'Etat fut le concile œcuménique de Nicée en 325 où l'on formula la profession de foi de l'Eglise chrétienne (complétée par le deuxième concile en 381). On allait donc vers une alliance de l'Eglise et de l'Etat, qui se soldait par des problèmes lorsque les ambitions de l'un ne correspondaient pas à celles de l'autre. La question dogmatique religieuse engendra une mésentente entre les fils de Constantin et ainsi des divergences entre les deux parties de l'Empire, même à des affrontements. Constance qui régna en Orient vainquit son frère Constant, maître de l'Occident, et mit l'Orient au premier plan.
361-363 Puis Julien montra une hostilité envers les chrétiens qui ne permit pas cependant aux païens encore très nombreux en Occident, de se soulever puissamment. Son échec contre la Perse affirma la nécessité historique du christianisme.
Jovien, suite à la défaite de Julien, fit un traité de paix avec la Perse. Or des invasions au nord de la partie orientale de l'Empire créèrent de nouveaux problèmes.
Sans répit, Byzance fut engagée dans la lutte contre les envahisseurs. Valens (364-378) et Valentinien (364-375) durent affronter les Saxons, les Irlandais, les Alamans, les Sarmates, les Quades qui annonçaient l'apparition des Wisigoths sur le Danube. Le problème germanique passa au premier plan ; le triomphe des Goths mena à un arrangement à l'amiable sous la conduite de Théodose le Grand. Les Wisigoths furent acceptés en Thrace en tant que fédérés. Le danger germain était écarté, mais ce n'était qu'une transformation d'une invasion hostile en une invasion pacifique.
Théodose livra la guerre au paganisme au profit de l'Eglise orthodoxe qui devint religion d'Etat. Il réussit à réunir de nouveau l'ensemble de l'Empire mais le partagea à sa mort, de nouveau en Orient et Occident avec quelques modifications par rapport à la division de Constantin. Ce partage fut définitif jusqu'à la chute de l'Occident, mais l'unité ne disparu pas pour autant. Les lois étaient communes et à la mort d'un des deux Empereurs, c'est l'autre qui lui désignait un successeur. Cependant il existait une rivalité entre l'Orient et l'Occident, ils se séparaient petit à petit.
Les Wisigoths se soulevèrent sous le commandement d'Alaric, ce qui se solda par l'exclusion des Germains de l'armée mais ils y retournèrent bientôt. L'Occident par contre se germanisa de plus en plus, ce qui le mena à sa perte, tandis que l'Orient devenait antigermanique.
408-450 Théodose II réforma l'enseignement supérieur et créa l'université de Constantinople où l'enseignement en grec avait plus de titulaires que celui en latin. Il s'ensuivit la publication du Codex Theodosianus, le plus important monument de codification juridique. Dès ce moment les Empereurs ne s'envoyèrent plus leur lois. De plus l'Orient se grécisa et on oublia le grec en Occident.
Un nouveau conflit avec la Perse au sujet des chrétiens d'Arménie se solda par une paix de 100 ans qui dura 20 ans.
Vers 440, l'Orient subit une invasion dévastatrice des Huns, qui ensuite marchèrent sur l'Occident. L'Italie fut dévastée et dans les régions de l'Occident furent fondés des royaumes de peuples germaniques. Dans ce chaos, le Pape Léon Ier le Grand (440-461) affirma le primat romain et Rome joua un rôle prépondérant dans les controverses religieuses.
Ces dernières ont commandé l'évolution de l'Empire byzantin durant le Ve siècle. Il se forma une divergence entre la christologie d'Antioche et celle d'Alexandrie. Alexandrie eut le dessus cette fois grâce à Cyrille. Rome et Constantinople se liguèrent contre Alexandrie qui prenait une trop grande importance. Marcien convoqua le 4e concile œcuménique en Chalcédoine, en 451, qui mit terme à ces querelles dogmatiques. Constantinople avait pris le devant, mais les provinces orientales de l'Empire n'étaient pas contentes du résultat de ce concile et ce fut le début de problèmes ecclésiastiques et religieux à la fois.
L'Empire dut faire face à un nouvel afflux germanique et en plus le gouvernement de Constantinople était fortement influencé par Aspar, un Alain, qui assura la couronne à Marcien et à Léon son successeur. Ce dernier fut couronné pour la première fois par les patriarches de Constantinople, ce qui revenait à une consécration religieuse. Léon Ier sut se débarrasser de la tutelle des Germains mais il ne fit que les remplacer par les Isauriens, peuple moins civilisé que les Goths mais cependant sujets de l'Empire. La couronne tomba aux mains d'un Isaurien, qui prit le nom de Zénon. On se débarrassa des derniers Germains, les Ostrogoths qui occupaient la péninsule balkanique en les envoyant en campagne en Occident. Après s'être battu contre les autre Germains, ils fondèrent le royaume de l'Italie.
Le problème religieux refit surface. Zénon essaya de faire un compromis entre les deux partis qui s'opposaient, mais il ne fit que créer un troisième parti opposé aux deux autres. Il s'ensuit alors un schisme religieux qui dura plus de trente ans. A la mort de Zénon, le peuple demanda un Empereur orthodoxe et romain et non barbare. Ce fut Anastase (491-518), un haut fonctionnaire, qui fut choisi. Il perfectionna le système monétaire de Constantin et réorganisa l'impôt, encourageant le commerce et l'industrie au détriment des campagnes. A sa mort les caisses le l'Etat étaient pleines. Il remédia au problème des Isauriens en les transplantant en Thrace. Cependant son règne ne fut que révoltes et guerres civiles. Il y avait une lutte entre les deux partis politiques et religieux : les bleus et les verts qui sont tous deux des partis provenant de la masse populaire. Anastase était l'ami des verts, les bleus se révoltèrent contre lui, s'en prenant à l'image même de l'Empereur. Cela mena à un soulèvement à Constantinople en 512 lors duquel Anastase faillit perdre le trône. En plus, Constantinople subissait en 513 les attaques sur terre et sur mer du commandant révolté de la Thrace Vitallien, instigateur d'une révolte d'origine religieuse.
(C) Philippe KUNZI 1998
La suite par Frédéric Bénédetti
+565 Invasions barbares: Slaves dans les Balkans, Lombards en Italie, Iraniens en Syrie
+610-717 les Héraclides l'empire cesse d'être romain et devient gréco oriental
+630 le grec devient langue officielle de l'empire Byzantin
+636+646 Perte de la Syrie et l'Egypte prises par les arabes
Les Byzantins arrivèrent en Afrique du Nord vers le milieu du VI siècle, et, si leur occupation fut limitée dans l'espace, lle dépassa largement le teritoire occupé par les Vandales.
Ils s'intallèrent là où ils trouvèrent les matériaux nécessaires à la fortification des villes.
Les Byzantins se heurtèrent aux mêmes cavaliers, aux mêmes tribus que, naguère, les Carthaginois et les Romains. Cependant, ils restèrent un siècle, en Afrique du Nord. Ils fortifièrent les villes pour les défenfre contre les paysans des plaines et surtout conte ceux des massifs montagneux. Mais les luttes paysanes ne cessèrent jamais.
647, Les Arabes pénétrent pour la première fois dans le Maghreb, ils trouvent une province affaiblie par son isolement.
717-802 Dynastie des Isauriens
867-1057 dynastie Macédonienne apogée de Byzance
1054 Schisme d'Orient
1071 Invasions turques en Asie Mineure
1081-1185 Les comnènes ne peuvent résister aux turcs et aux Normands
1095
Appel d'Urbain II à Clermont : première croisade
Les pélerinages en Terre Sainte avaient été suspendus du fait de l'occupation de la Palestine par les Turcs Seldjoukides. La reconquista visant à reprendre aux Musulmans le sud de l'Espagne avait, elle aussi, préparé les esprits à l'idée de croisade. Mais c'est Urbain II qui concrétisa définitivement le concept de croisade, en particulier par son intervention lors du concile de Clermont.
1097
Offensive byzantine sur les côtes d'Asie mineure.
Conflit les croisés et Alexis Commène.
1098
Prise de Jérusalem par les Fatimides
1099
Conquête de Jérusalem par les Croisés.
1147-1148
La perte d'Edesse (1144) et la prédication de Saint Bernard réveillèrent en occident l'esprit de croisade. L'empereur et le roi de France prirent la tête d'une nouvelle expédition. Parvenue en Terre Sainte malgré l'hostilité de Manuel Commène, ils se jetèrent sur l'émirat allié de Damas dont ils ne réussirent même pas à s'emparer et quittèrent la Palestine sans autre résultat que de renforcer Nour ad-Din à qui la prise de Damas permit de faire à son profit l'unité de la Syrie Musulmane (1154)
1154
Prise de Damas par Nour ad-Din
1169-1171
Saladin unifie le monde musulman (Syrie-Egypte)
1174
Saladin s'empare de Damas (1171)
1183
Saladin s'empare d'Alep (1171)
1185-1204 Effondrement de l'empire Byzantin
1187
royaume latin réduit à Tyr
Hattin : prise de Jérusalem par Saladin
Maître de la Syrie (1171), Saladin ne fut quelque temps contenu que grâce à l'héroïsme de Baudouin IV, le Roi Lépreux. Après sa mort, ce fut la catastrophe. A Hattin, presque toute la chevalerie franque fut tuée ou capturée. En quelques semaines, Saladin se rendit maître des états chrétiens à l'exception de quelques places ôtières.
1204 Les croisés prennent Constantinople
1204-1258 Les Lascaris de Nicée restaurent l'empire
1228-1229
Croisade de Frédéric II, empereur et Roi de Sicile
Sixième croisade (1228-1229) : récupération de Jérusalem
1250
Mort de Frédéric II Avènement des sultans mamelouks en Egypte
Perte définitive de Jérusalem par les latins
1258-1453 dynastie des paléologues
1258
Prise de Bagdad par les Mongols ; fin du khalifat abbasside
1260
Les Mongols rejetés de Syrie par les Mamelouks
1261
Les Grecs reprennent le contrôle de Constantinople
1261 reconquète de Constantinople par les paléologues
1291
Chute d'Acre : disparition des Etats latins de Terre sainte
1453 Les turcs prennent Constantinople (voir La chute de Constantinople)