Cette grande église a été consacrée en l'honneur de Notre Dame et de Saint Paul au début du 13ème siècle. Elle garda le rang de cathédrale du diocèse Tricastin (ou de Saint-Paul-Trois-Châteaux) jusqu'à la Révolution. Dégradée pendant les guerres de religion, elle fut restaurée au XVIIe siècle puis retrouva son aspect primitif lors des importants travaux du XIXe.
Sur cet emplacement situé juste à l'extérieur d'une vaste enceinte urbaine antique, s'élevait auparavant une basilique funéraire qui abritait le tombeau de Saint Paul, évèque du VIe siècle et patron de la ville. Le siège cathédral était primitivement situé au centre de la cité antique (Augusta Tricastinorum). Durant le haut Moyen-Age, la cité épiscopale s'est regroupée sur les pentes de la colline du château et a été entourée par le rempart actuel.
La construction de la cathédrale s'est déroulée d'est en ouest entre le début du XIIe et celui du XIIIe siècle. Le projet de décoration, fortement inspiré de l'Antiquité comme dans l'art roman provençal, est resté inachevé (sculptures des parties hautes de la nef interrompues au début de la travée centrale, partie haute de la façade ouest). Une mosaïque du XIIe siècle décore le sol de l'abside et les murs conservent des peintures murales du XIVe siècle. Le porche sud a été transformé à l'époque gothique (construction de la chapelle Notre-Dame) et les vantaux des portes sud et ouest ont été mis en place au XVIIe siècle.
Visite guidée
CATHEDRALE DE SAINT PAUL TROIS CHATEAUX
PAROISSE CATHOLIQUE SAINT MARCELLIN EN TRICASTIN
L'église de Saint Paul Trois Châteaux, cathédrale jusqu'à la révolution, est un très bel exemple d'un roman Provençal. Sa construction a commencé au milieu du XIIème siècle à partir du choeur pour s'achever vers 1220. Elle a du être érigée à la place d'une église plus ancienne située dans un cimetière romain.
Les caractéristiques de l'art provençal sont Simplicité des plans, harmonie des volumes, dépouillementdu décor, perfection de la taille et de l'appareillage des pierres, référence à l'antiquité et absence d'ouverture au nord.
Cette cathédrale fait partie d'un ensemble paroissial dynamique : St Marcellin Champagnat en Tricastin composé de quatre communautés (9 communes). Ce précieux héritage du passé permet toujours de célébrer les grandes étapes de la vie et de vivre le rassemblement dominical. Qu'il soit aussi, pour vous qui passez, une halte culturelle mais aussi spirituelle.
Des modifications sont intervenues au cours des siècles, sans la défigurer. Au milieu du XVème siècle, un porche gothique fut plaqué contre le porche sud.
En 1460, un petit enfant de choeur de Saint-Paul devenu prêtre puis évêque, Etienne Genèves, fit élever, au midi de l'église, une belle chapelle, gothique : Notre-Dame l'épiscopale, où il se fit enterrer, cet dut après une excellente restauration sert en particulierde chapelle de semaine.
A part le mobilier, la Révolution ne fut pas trop funeste à l'église.
Prosper Mérimée la fit restaurer et classer en 1841.
En 2000 des travaux de restauration pour retrouver le niveau initial du sol, ont permis de découvrir sept caveaux des XVII et XVIIIè siècles contenant environ 500 personnes. Les mosaïques ont été restaurées.
A L'EXTERIEUR
Il faut arriver par la place de l'Hôtel de ville pour voir l'ensemble.
Au fond, à gauche, le porche méridional (A), plus â droite la chapelle Notre-Dame l'Épiscopale (B); devant vous le transept sud et le clocher (abritant 4 cloches) trapu, asymétrique, impressionnant toujours par sa masse, sa force et néanmions son élégance. Un curieux beffroi surmonte l'horloge.
Contournez l'église par la droite, c'est-à-dire l'orient, pour voir le chevet :
• les deux absidioles qui terminent les bas-côtés,
• la grande abside centrale à cinq pans (C), avec une fenêtre finement décorée et une corniche à modillons.
Le croisillon nord du transept est aveugle, mais enrichi d'arcatures sur ses trois faces. Admirez en même temps la multitude et la variété des marques des tâcherons que vous trouverez partout tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.
Comme beaucoup d'églises de la région, la cathédrale présente un côté nord aveugle et pratiquement nu (D).
Puis allez maintenant devant la porte occidentale (E), qui frappe par son volume et sa sobriété, son fronton à l'antique, la pyramide de ses trois oculi de tailles inégales et de ses deux fenêtres, la porte centrale aux ciselures d'orfèvrerie, encadrée de demi-colonnes et de pilastres cannelés, font un ensemble incomparable.
A L'INTERIEUR
La vue d'un admirable vaisseau a trois nefs de plan basilical s'offre à vous : 20,50 m de hauteur à la voûte en plein cintre.
Contemplez l'ensemble : sobriété, élégance, noblesse.
Abordons les détails, en commençant par le fond dans la nef centrale.
• Sur les premiers piliers, des peintures murales des XIV et XVeme siècles (scènes de la bible, dont une vierge à l'enfant).
• Dans la deuxième travée de gauche se situe l'ancien maître autel de 1663 en bois dore (Don de C. Ruffier, Évêque) surmonté d'un retable représentant l'évêque de St Paul atteint de la lèpre : St Martin des Ormeaux (1).
• Sur le deuxième pilier, un bas relief ancien présente le jugement dernier (2).
• En revenant au milieu de la nerf. votre regard attiré vers la gauche sera comblé : dans l'arcade de la troisième travée, sur une tribune, un buffet d'orgue de 1704 (don de l'évêque ROQUEMARTIN) et réalisé par le facteur Charles Boisselin d'Avignon (3).
• Au-dessusde l'orgue, une draperie de pierre tirée par des personnages, sous-tendent la corniche : et sur la corniche ce faux triforium inachevé, le même décor se retrouve en face.
• Dans la troisième travée de droite s'ouvre la porte de la chapelle Notre-Dame l'Épiscopale très heureusement restaurée (4). Deux tableaux représentant des évêques, et un plus grand du XVIIème siècle représente un sujet rarissime "La Sainte Famille aux Fleurs" (5).
• Derrière le troisième pilier à droite et en hauteur dans la nef de droite se situe un voûtain (6) dont l'intrados est peint et représente un Christ en majesté entouré des Quatre évangélistes ou de leur symboles.
Considérez le choeur et son dégagement propre aux déploiements liturgiques et d'un éclairage de grande beauté soit le matin au soleil levant soit au milieu de la journée grâce aux ouvertures hautes perchées du transept sud.
• Vous noterez au centre mis en valeur, sous la très belle coupole. l'autel très sobre en pierre de Saint-Restitut (consacré par l'Évêque de Valence le 22 avril 2001). Il comporte sur sa face avant un médaillon représentant une branche d'amandier ou "l'Aguiado" (7).
• A gauche près du troisième pilier remarquez l'ambon composé d'un support d'évangéliaire en bronze fixé sur un piédestal en pierre locale (8).
• Les fonts baptismaux sont posés à l'angle de séparation des deux absides et qui semble être un réemploi antique (3).
L'abside principale, en « cul de four », est à la fois très majestueuse et très équilibrée, on trouve sa soeur à St Restitut de taille plus modeste. Le décor de l'hémicycle est fait des cinq arcades classiques; du roman provencal, avec des colonnettes cannelées Ou torsadées surmontées de chapiteaux d'une finesse extrême.
Les fouilles de l'an 2000 ont remis en valeur l'emplacement de la "cathédre" ou siège de l'évêque, l'autel et le prébytérium ou conseil des chanoine en hémicycle (10).
Mais prenez garde, ne marchez pas sur JÉRUSALEM, Cette mosaïque, récemment restaurée, â vos pieds, pourrait bien être contemporaine des deux premières croisades, elle daterait d'environ une trentaine d'années après la construction de la Cathédrale.
Vous pourrez maintenant, prendre le chemin du retour. Ne manquez pas de porter un regard sur la perspective de la nef telle qu'elle se présente encore à Vous.
Il vous est conseillé de lever la tète et de regarder des multitudes de détails sculptés qui nous échappent dans un premier temps ou selon l'éclairage, par exemple des symboles représentant les évangélistes (a:Jn, b:Mc, c:Lc, d:Mt), le décor sculpté des hauts murs (des chapiteaux très fouillés, des " masques de grotesques ", etC...