CREMIEU |
| Crémieu (Isère - 38) |
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C'est au XIIe siècle que l'on retrouve une mention de Crémiacum qui deviendra Crémieu. Elle appartient alors à la baronnie du Pin et reviendra à la France avec le Dauphiné en 1349. Crémieu apparaît dans l'histoire au 12e siècle. A cette époque, un prieuré bénédictin s'établit au sommet des falaises de Saint-Hippolyte. Toutefois, la première ville s'implantera à distance; tout au long du 13ème siècle, sur les pentes sud de la colline Saint-Laurent, que dominent les murailles, du château delphinal réédifié à partir de 1282 par les Dauphins de la Tour. En 1315, une charte de franchises accorde de nouvelles libertés aux habitants ainsi que d'importants privilèges commerciaux. C'est pour la ville le signal d'une période de prospérité installée pour deux siècles. La construction d'une nouvelle halle est entreprise en 1434 ainsi que l'édification d'une vaste enceinte fortifiée de près de deux kilomètres, armée de neuf portes et de quatorze tours. Cette enceinte englobera à la fois le château delphinal, la ville ancienne et les falaises de Saint-Hippolyte, mais aussi l'emplacement d'une nouvelle ville implantée en contre-bas au contact d'un couvent des Augustins. En 1337-39, la création d'un atelier monétaire à Crémieu consacre l'essor économique de la ville. A partir du règne-de Louis XII (1498-1515), Crémieu bénéficie de la position stratégique qu'elle occupe suit l'itinéraire des expéditions françaises en Italie. La ville consolide alors son rôle de centre du commerce des grains entre la France, la Savoie, la Suisse et l'Italie. Desservie par le percement de nouvelles portes (1535), la réalisation de la ville basse, sur le tracé régulièrement planifié des villes neuves médiévales, prend forme définitivement à la charnière des 15e et 16e siècles. Le 17e siècle est à Crémieu, le siècle des couvents qui prennent alors possession d'une ville dont l'activité commerciale s'affaiblit. Les Capucins s'installent en 1615, le Pénitents Blancs en 1619, les Visitandines en 1627, les Ursulines en 1633, l'Hôpital Notre-Dame du Reclus en 1675. A la fin du 17e siècle, s'achève l'édification de l'église Saint-Jean. Sanctionné en 1702 par la suppression des foires annuelles instaurées au 14e siècle, le déclin économique de la ville incite les habitants à développer au 18e siècle l'industrie textile et du cuir. En 1710, les tanneries, les cordonneries, les filatures et carderies de laine et de chanvre occupent près du quart de la ville. Avec le siècle suivant, le plateau de l'Isle-Crémieu et sa capitale endormie au pied des ruines de son château et de ses remparts, commencent déjà à séduire les paysagistes autour de Corot ainsi que les voyageurs, excursionnistes et amateurs de pittoresque. LE COUVENT DES AUGUSTINS DE CRÉMIEUAu XIVe siècle, Crémieu est une cité prospère qui tire profit de sa situation sur la route de Lyon à l'Italie. Résidence favorite des dauphins, elle présente un intérêt stratégique important durant les guerres entre le Dauphiné et la Savoie. C'est dans ce contexte, au début du XIVe siècle, que Jean II fonde, dans la partie neuve de la ville, un prieuré destiné à accueillir une dizaine d'ermites de Saint-Augustin, ordre mendiant formé au XIIIe siècle. Les travaux de construction du couvent débutent au XIVe siècle et se poursuivent par de nombreux remaniements jusqu'au XIXe siècle : édification du clocher au-dessus d'une tour de défense en 1508, réaménagement du cloître et construction du portail au XVIIe siècle par exemple. À la Révolution, les bâtiments sont rachetés par la commune et affectés à de nouveaux usages. L'église, les façades et les toitures, les salles du rez-de-chaussée et la tourelle d'escalier conduisant au premier étage sont classées Monuments historiques.LE CLOÎTREPour les religieux le cloître est un lieu de méditation, de détente et de passage. Au-dessus des galeries, autrefois peintes, s'étend une remarquable toiture de lauzes. Au sol, le pavage comporte de nombreuses dalles funéraires provenant de l'église. On y trouve le symbole des augustins (le coeur) ou de différents métiers comme le couteau du tanneur par exemple. Dans la galerie nord, un portail de bois percé d'un judas permet d'accéder au cloître depuis la ville. À l'ouest, on rejoint la place de la Nation par une grille en fer forgée, provenant de l'ancienne chapelle des pénitents blancs. L'aménagement actuel remonte en grande partie au XVIIe siècle.l'ancien cloître couve des Augustins communique avec la place de la nation par une belle grille en fer forgé réalisé en 1715. Remarquez, à droite en entrant, les dalles funéraires qui servent, depuis le XIXe siècle, de pavement aux galeries voûtées d'arêtes. Sur certaines sont représentés des outils d'artisans dont le tranchet des adobeurs ou tanneurs de cuir. LES BÂTIMENTS CONVENTUELS CONSTRUITS SELON UN PLAN COURANT, ils abritent des espaces définis en fonction des besoins propres à la vie de la communauté des religieux. LE CHAUFFOIR Il s'agit en fait d'une cuisine. Elle présente quatre croisées d'ogives retombant sur un pilier central et conserve une cheminée monumentale installée au xviie siècle. LES ERMITES DE SAINT AUGUSTIN sont des frères mendiants. Ils renoncent à la possession de biens et de rentes pour ne vivre que de l'aumône des fidèles et des ressources liées à leur charge pastorale. À Crémieu, ils jouent un rôle décisif dans deux domaines : le développement du paysage urbain et l'encadrement spirituel des populations. Les peintures de Leonardo da Besozzo à Naples, dans l'église des augustins de San Giovanni a Carbonara, sont parmi les rares représentations connues des frères augustins au xve siècle. À L'ÉTAGE, accessible depuis le perron de la mairie par un escalier à vis, se trouvait le logis des religieux. Dans le prolongement de ce bâtiment, autour du potager, des dépendances abritaient écuries, remises et caves au rez-dechaussée et une infirmerie à l'étage. LA SALLE CAPITULAIRE C'est le lieu de réunion du chapitre. On y traite des problèmes matériels de l'ordre. Le plafond peut-être daté de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle. La trace de grandes fenêtres en arc brisé ouvrant sur le cloître reste visible de chaque côté de la porte. LE REFECTOIRE Au XVIIe siècle, le mobilier de cette salle comprend des stalles ainsi qu'une chaire destinée à accueillir un lecteur. L'ÉGLISE À l'origine destinée à accueillir les religieux l'église des augustins de Crémieu tint lieu d'église paroissiale de 1570 à 1647. CONSTRUITE À PARTIR DE 1317 selon un axe nord-sud, elle s'apparente aux églises-halles avec un plan rectangulaire, un chevet plat et une nef à trois vaisseaux. Le chevet de l'édifice se confond avec le rempart de la ville dans lequel une grande baie centrale a été percée dans la seconde moitié du XIVe siècle. L'ÉGLISE A CONNU DE NOMBREUX REMANIEMENTS depuis son origine jusqu'au XIXe siècle, parmi lesquels le prolongement de la nef, l'aménagement de chapelles au XVe siècle et la création de fausses voûtes d'ogives au XIXe siècle. Le mobilier présente également un grand intérêt. Plusieurs éléments sont classés au titre des Monuments historiques : les stalles et la chaire en noyer, réalisées en 1617 par un maître menuisier de Crémieu, ainsi que l'or l'orgue, qui est l'instrument le plus ancien du département. Chapelle du monastère, de 1318 à 1791, l'église a subi des transformations. La grille qui permet d'apercevoir l'intérieur est signée Redersdorff (1982). L'édifice abrite un mobilier intéressant : boiseries des stalles et de la chaire, grille en fer forgé des chapelles latérales. Remarquez aussi la forme des piliers, tous différents, et les bas-côtés étroits aux voûtes d'ogives très serrées. Du parvis, belle vue sur le château delphinal et les maisons anciennes décorées de génoises à double ou triple bandeau. PEINTURES MURALES DU CHOEUR CES PEINTURES MÉDIÉVALES REPRÉSENTENT UN TÉMOIGNAGE HISTORIQUE DE PREMIER PLAN Dégagées lors de travaux de restauration conduits en 2000, ces peintures médiévales représentent un témoignage historique de premier plan. À ce jour, une vingtaine de scènes est identifiable. SUR LE MUR OUEST, deux thèmes majeurs de la spiritualité des augustins, prennent la forme d'une composition monumentale réalisée à la fin du XIVe siècle. En l'état actuel des connaissances, c'est la première fois qu'apparaît, en France, une composition d'une telle ampleur dans un couvent d'ermites de Saint-Augustin. LE REGISTRE SUPÉRIEUR présente deux scènes de la vie de la Vierge, la Dormition (mort de la Vierge) et le Couronnement. Sur les registres médian et inférieur se déploie un Credo (en latin je crois), montrant une succession de prophètes et d'apôtres se faisant face deux à deux. Ce thème, inspiré des sermons de saint Augustin, affirme la correspondance entre l'Ancien et le Nouveau Testament. DANS L'INTRADOS DE L'ARC, six anges vêtus de longues robes blanches reposent sur de petits nuages pommelés. À en croire les armoiries, le donateur appartenait à la famille Boniface de Saint- Etienne-de-Saint-Geoirs. LES STALLES DE L'ÉGLISE, construites en noyer au XVIIe siècle, sont classées Monument historique. Elles présentent un décor élégant et sobre de courbes et de contre-courbes. PORTE DE LA LOIMentionnée dès 1392, la porte de la Loi devient à partir de 1535 l'une des portes principales de l'enceinte de Crémieu. Précédée par un fossé alimenté par un ruisseau, la porte qui était défendue par une herse fut dotée à cette époque d'une chemin de ronde sur mâchicoulis.Vestige de l'enceinte du XIVe siècle, elle est coiffée d'un toit à quatre ans et a conservé les corbeaux de ses mâchicoulis. MAISONS REPRESENTATIVESMaisons représentatives des quartiers d'échoppes de la ville basse, caractérisées par l'étagement d'une étroite boutique d'artisan ou commerçante, d'un appartement unique à l'étage et d'un comble à usage de séchage. Le comble est aéré par une lucarne équipée d'une poulie sous un avant-toit débordant originellement couvert de lauses.Bien conservée, les séquences de façades de la rue des Augustins et de la rue de la Loi permettent d'apprécier la variation de ce type d'habitat original entre le 16e et le 19e siècle. HALLESElles ont été construites en 1434. Leur grand toit de lauzes repose à ses extrémités sur un mur épais, percé de trois arcades.Remarquez sous la charpente, magnifiquement ordonné, les trois allées qui correspondent le chacune à un commerce déterminé. La bonne mesure : au fond des halles, à droite, apparaissent encore des auges en pierre sur lesquels s'adapter des mesures pour les grains ; des goulottes permettaient de remplir les sacs. Hôtel de villeIl occupe, sur la place de la nation, une partie des bâtiments de l'ancien couvent des Augustins, fondée au XIVe siècle. Le hall d'entrée conserve un plafond à la française ; à chacune de ses extrémités, des portes donnent accès, à gauche, à la salle du conseil municipal orné également d'un plafond à l'italienne, et à droite, à la salle de justice, ancien chauffoir des moines ; ses voutes d’ogives retombent sur un pilier central.Porte fortifiéeDites aussi de François Ier, la porte neuve a été édifiée au XVIe siècle. La porte de quirieu, avec ses degrés et sa rigole centrale et du XIVe siècle.Château DelphinalLes origines de ce château fort, située sur la colline Saint-Laurent, remonte au XIIe siècle. Sur la terrasse se dresse une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-la-Salette.LiensVille de CrémieuOffice de tourisme de Crémieu |